Questions générales
Quel est le délai pour remplir sa déclaration fiscale en Suisse ?
En Suisse, le délai pour déposer sa déclaration fiscale varie selon le canton de résidence. Dans la plupart des cantons romands comme Genève, le Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura, la date limite est fixée au de l'année suivant la période fiscale. Les cantons de Vaud et de Berne imposent un délai plus court, au . Il est possible de demander une prolongation auprès de l'administration fiscale cantonale, généralement gratuitement pour un premier report jusqu'au . En cas de non-respect du délai sans demande de prolongation, le contribuable reçoit d'abord une sommation, puis risque une taxation d'office basée sur une estimation souvent défavorable de ses revenus et de sa fortune.
Quelles sont les principales déductions fiscales possibles en Suisse ?
Les contribuables suisses peuvent bénéficier de nombreuses déductions pour réduire légalement leur charge fiscale. Les plus importantes incluent les cotisations au pilier 3a (jusqu'à CHF 7'258 en 2025 pour les salariés affiliés au 2e pilier), les rachats dans le 2e pilier (LPP), les frais professionnels (transports, repas), les primes d'assurance-maladie et les intérêts hypothécaires. Les frais de formation continue liés à la profession sont déductibles jusqu'à CHF 12'900 au niveau fédéral, et les frais de garde d'enfants par des tiers jusqu'à CHF 25'500 par enfant au niveau fédéral. Les frais médicaux non remboursés sont déductibles dans certains cantons au-delà d'un seuil de 5 % du revenu net. Les dons à des institutions reconnues d'utilité publique sont déductibles jusqu'à 20 % du revenu net.
Comment fonctionne l'impôt à la source et la demande de TOU en Suisse ?
L'impôt à la source en Suisse s'applique aux salariés étrangers titulaires d'un permis B, L ou G (frontaliers), ainsi qu'à certaines autres catégories de contribuables. L'employeur prélève l'impôt directement sur le salaire selon un barème qui tient compte de la situation familiale, du nombre d'enfants et du canton de travail. Depuis la réforme entrée en vigueur le , les contribuables imposés à la source dont le revenu brut dépasse CHF 120'000 par an sont soumis d'office à une Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU). Les autres peuvent la demander volontairement avant le de l'année suivante si des déductions importantes ne sont pas prises en compte par le barème. La TOU est désormais irrévocable et permet de faire valoir l'ensemble des déductions comme un contribuable ordinaire.
Quelles sont les obligations fiscales des frontaliers en Suisse ?
Les obligations fiscales des frontaliers dépendent principalement du canton d'emploi et de la convention de double imposition applicable. Les frontaliers travaillant à Genève sont imposés à la source en Suisse, tandis que ceux travaillant dans les cantons de Vaud, Valais, Neuchâtel, Berne, Jura, Fribourg et Bâle sont imposés en France selon l'accord franco-suisse du , avec une compensation financière versée aux cantons. Les frontaliers imposés à la source en Suisse doivent vérifier si une TOU est avantageuse, notamment pour le statut de quasi-résident à Genève. Tous les frontaliers doivent également déclarer leurs revenus en France, où un crédit d'impôt ou une exonération avec progressivité s'applique selon le canton. Il est crucial de bien comprendre ces règles pour éviter tout risque de double imposition. Découvrez notre service de fiscalité transfrontalière.
Comment déclarer ses cryptomonnaies aux impôts en Suisse ?
En Suisse, les cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereum, etc.) sont considérées comme des éléments de fortune mobilière et doivent être déclarées dans la déclaration fiscale à leur valeur au . L'Administration fédérale des contributions (AFC) publie chaque année un cours officiel pour les principales cryptomonnaies, qui sert de référence pour l'évaluation. Pour les investisseurs privés, les gains en capital réalisés sur les cryptomonnaies sont en principe exonérés d'impôt, mais les revenus issus du staking, du mining ou du lending constituent un revenu imposable. Attention : une activité de trading jugée professionnelle par l'administration fiscale (volume élevé, fréquence importante, recours à l'effet de levier, financement par emprunt) entraîne une imposition des gains en capital comme revenu lucratif indépendant, avec en plus des cotisations AVS. Les tokens reçus en airdrop ou comme rémunération sont également imposables comme revenu à leur valeur de réception.
Combien peut-on déduire avec le 3e pilier (pilier 3a) en Suisse ?
Le pilier 3a est l'un des instruments de déduction fiscale les plus puissants en Suisse. En 2025, le montant maximum déductible est de CHF 7'258 pour les salariés et indépendants affiliés à un 2e pilier (caisse de pension). Pour les indépendants sans 2e pilier, le plafond est de 20 % du revenu net de l'activité lucrative, jusqu'à un maximum de CHF 36'288. Les versements au pilier 3a sont intégralement déductibles du revenu imposable au niveau fédéral, cantonal et communal. Le capital accumulé est bloqué jusqu'à cinq ans avant l'âge de la retraite, sauf en cas d'acquisition d'un logement principal, de départ définitif de Suisse ou de passage à une activité indépendante. Au moment du retrait, le capital est imposé séparément du revenu courant, à un taux réduit. Pour optimiser la fiscalité au retrait, il est conseillé de répartir son épargne 3a sur plusieurs comptes et de les retirer sur des années fiscales différentes.
Quels documents sont nécessaires pour remplir sa déclaration fiscale en Suisse ?
Pour remplir correctement sa déclaration fiscale en Suisse, il faut réunir plusieurs catégories de documents. Les documents relatifs aux revenus comprennent le certificat de salaire, les attestations de rentes AVS/AI, les relevés de chômage ou d'assurance perte de gain, et les attestations de revenus de titres. Pour la fortune, il faut les relevés bancaires au , les polices d'assurance-vie rachetables, les estimations de véhicules et les évaluations immobilières. Les justificatifs de déductions incluent les attestations de pilier 3a, les reçus de dons, les factures de frais médicaux non remboursés, les attestations de frais de garde et les justificatifs de frais de formation continue. Les propriétaires immobiliers doivent également fournir le relevé des intérêts hypothécaires et les factures de travaux d'entretien. L'ensemble de ces documents permet à votre fiduciaire d'optimiser votre déclaration en identifiant toutes les déductions applicables.
Comment optimiser sa déclaration fiscale en Suisse romande ?
L'optimisation fiscale en Suisse romande passe par plusieurs stratégies légales et complémentaires. Premièrement, maximiser les versements au pilier 3a chaque année (CHF 7'258 en 2025 pour les salariés) et envisager des rachats dans le 2e pilier si votre caisse de pension le permet. Deuxièmement, déclarer systématiquement tous les frais professionnels effectifs si ceux-ci dépassent le forfait : frais de déplacement, repas hors domicile, formation continue, outils professionnels. Troisièmement, pour les propriétaires, alterner entre le forfait et les frais effectifs d'entretien selon les années, et regrouper les travaux de rénovation sur une même période fiscale pour maximiser l'effet des déductions. Quatrièmement, vérifier l'éligibilité à la TOU pour les contribuables imposés à la source et demander le statut de quasi-résident à Genève si les conditions sont remplies. Enfin, planifier les retraits de capital du 2e pilier et du 3a sur plusieurs années fiscales pour limiter la progressivité de l'impôt. Nos experts vous accompagnent dans cette démarche.
Quelles sont les conséquences d'un retard dans le dépôt de la déclaration fiscale ?
Le non-respect du délai de dépôt de la déclaration fiscale en Suisse entraîne une procédure graduée. L'administration fiscale envoie d'abord un rappel gratuit ou une sommation assortie d'un émolument (généralement entre CHF 40 et CHF 100 selon les cantons). Si le contribuable ne donne pas suite malgré la sommation, l'administration procède à une taxation d'office, c'est-à-dire qu'elle estime elle-même les revenus et la fortune du contribuable, souvent de manière défavorable. Une taxation d'office peut être contestée dans un délai de 30 jours, mais le contribuable doit alors prouver que l'estimation est manifestement erronée. De plus, une amende pour non-dépôt pouvant atteindre CHF 10'000 peut être infligée en cas de récidive ou de manquement grave. Il est donc fortement recommandé de demander une prolongation de délai plutôt que de ne pas déposer sa déclaration.